Rosa Ramos

SIGNES D’ESPERANCE

TEMPS DE CRISES,  TEMPS DE DEFIS, TEMPS D’ESPERANCE

AG MIAMSI nov. 2012 – Rosa Ramos – théologienne

« Ne vous souvenez plus du passé. Voici que je le renouvelle,

il est déjà en marche, ne le voyez-vous pas ? » Is. 43, 18-19

« Que le Dieu de l’espérance vous comble de joie et de paix dans la foi,

afin que vous débordiez d’espérance par la force de l’Esprit Saint. »

Rom. 15, 13

Je vous propose un Credo de l’espérance :

Nous croyons en un Dieu, Seigneur de la Vie et de l’Histoire.

Voilà la clé de l’espérance chrétienne.

L’Esprit est transcendant et immanent à l’histoire, et se fait transparent dans l’opacité quotidienne.

Toute l’histoire est histoire du salut,

Dieu ne cesse pas de créer, de sauver et de faire du neuf en nous et avec nous.

L’espérance est un trait anthropologique : l’empreinte du souffle divin.

L’être humain, masculin et féminin, est un être d’espérance tendu vers ce qui n’existe pas encore.

Il y a beaucoup d’espérances qui chaque jour nous font bouger, sans espérance nous mourons.

Mais il y a de petites espérances qui nous amoindrissent, qui ne sont pas de vraies espérances.

L’espérance est une vertu théologale, un don de Dieu,

Qui nous pousse à agir vers ce que nous attendons

Le dernier objet de l’espérance, c’est Dieu lui-même

Ou plutôt le « royaume de Dieu » annoncé par Jésus.

Un royaume de paix et justice, de vie et vérité.

Un monde dans lequel tous et toutes peuvent l’habiter,

De relations fraternelles et filiales : tous fils et tous frères.

Le royaume de Dieu est déjà commencé, mais il se fera pleinement seulement à la fin des temps.

Notre espérance –le royaume- sa plénitude, se fera au-delà de l’histoire, mais il croît dans l’histoire.

Pour cela, il est nécessaire de recréer une attitude et une mystique de l’espérance

En nous et en nos peuples.

Recréer la mystique de l’espérance requiert de lutter contre quelques ennemis,

Mais surtout de s’entretenir avec la mémoire et l’attention à l’histoire.

Mémoire de l’action salvatrice de Dieu : lire et relire ensemble la Parole de Dieu.

Attention à l’histoire dans un double sens :

Lire les signes du temps et écrire avec nos actes les signes de la nouvelle histoire.

Rappeler, interpréter, faire (regarder, discerner, agir).

Et après, continuer la marche simplement, d’espérance en espérance,

Un cheminement aussi humble que confiant !


« On t’a fait savoir, homme, ce qui est bien, ce que Dieu attend de toi :

Rien d’autre que d’accomplir la justice, d’aimer avec tendresse et de marcher humblement avec ton Dieu ». Mi 6, 8

« Et voilà que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ». Mt 28, 20

1. Sens et valeur de l’Espérance

 

L’espérance concerne quelque chose au-delà… L’athéisme refuse l’espérance.

A quoi sert l’utopie ? A cheminer, à avancer. Il n’y a pas d’utopie sans espérance. Dieu nous aide dans cette marche.

 

2. Est-ce possible d’espérer dans ce monde ?

 

Constats : catastrophes naturelles, polarités croissantes, violences, suicides, crises…

« Pourquoi chantons-nous » dit le poète… « Nous chantons parce que nous sommes des militants de la vie ».

 

L’objet de notre espérance chrétienne : Le royaume de Dieu.  « Je suis venu pour que vous ayez la vie en abondance ». Etre lucide, voir ce qui né. L’espérance chrétienne est opérante : s’engager dans la construction du monde. Notre action doit être motif d’espérance pour les autres.

3. Les ennemis de l’espérance, qui apparaissent camouflés, comme des amis :

–          L’hédonisme, le succès

–          L’hyper activité, l’addiction qui nous anesthésient : le silence, la méditation, la rumination procurent la joie- vivre le présent aujourd’hui

–          Sans histoire, pas d’espérance : faire mémoire (lecture, bible…)

–          La solitude et l’isolement

–          L’impatience : cultiver la patience, développer la liberté intérieure.

4. Les signes d’espérances :

 Signe des temps qui alimentent l’espérance… (GS n°4) fondés sur la foi, l’histoire avance, l’action de Dieu continue : relever tous les motifs d’espérance au quotidien.

  • Conjuguer l’espérance immanente et l’espérance transcendante / promesse de Dieu,

Les changements, motifs d’espérance

D’une conception déterministe de l’histoire à des changements pour une vie plus digne croire que nous faisons l’histoire, on peut changer les choses.

Critique des vieux paradigmes changement – reconstruction « un autre monde est possible » – la douleur… vallée de larmes… ce n’est pas la volonté de Dieu, on peut l’abolir.

  • Dans ce qui est petit, on trouve l’espérance… la femme enceinte, le projet de telle ou telle personne,
  • Recherche de la Paix et pas de recherche de guerre…
  • Reconnaissance de la vie des personnes, des peuples, …
  • Collaboration, coopération, solidarité, expériences alternatives, le bénévolat, promoteur de la vie, …
  • Un autre monde est donc possible avec l’autre qui est considéré comme une richesse et pas une peur…
  • Croissance écologique, …
  • Au niveau ecclésial : Vatican II, les synodes,
  • La participation et la collaboration des laïcs, un chemin irréversible,
  • Nouvelles théologies, …
  • La parole de Dieu qui a été rendue au Peuple de Dieu par le Concile Vatican II
  • Dialogue œcuménique et inter religieux…
  • Recherche de la spiritualité de tous après Nietzsche et Marx…
  • Travaux pour la justice et la paix,
  • Associations et gratuités, don gratuit de la vie

Tout vaut la peine si l’âme n’est pas petite, Dieu nous a fait avec une âme à son image… la joie en sera le fruit.

Notre espérance :

-prophétique, lucide, critique, active opérante, créatrice…

– don de Dieu : nous ne sommes pas auteur mais « cultivateurs »

– humble : cultiver la patience

« Il fait tard, mais c’est le petit matin si nous insistons un peu. Et c’est le temps suffisant qu’il nous faut ».

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