Richard Arce

 

Richard Arce – Prêtre théologien Montevideo :

L’Eglise dans le monde et la place des laïcs.

Le lieu commun sur la place des laïcs est le lien qu’ils établissent avec le monde.

Mais dans la Bible, on parle des membres du Peuple de Dieu. Ils étaient en vis-à-vis des athés.

Ensuite, on va trouver une différence parmi les chrétiens, les baptisés : ceux qui étaient chargés d’un ministère et les autres qui avaient des tâches profanes. Chacun sa tâche et tout allait bien.

Décret de Gracia en 1140 : deux types de chrétiens, le clergé et les laïcs qui font œuvre de miséricorde.

Au Moyen Age, les laïcs n’avaient pas de lien avec la spiritualité qui était réservée aux clercs.

 

Pie X, dans une encyclique de 1906 a défini l’Eglise comme une société parfaite, inégale avec un pasteur et un troupeau. La formule était : « se laisser conduire ».

Alors l’Action Catholique a uni ses forces pour mettre le Christ dans la famille, l’école, la société.

L’Action Catholique était alors une réponse pastorale qui permettait d’organiser le laïcat. Il était le bras séculier du prêtre.

L’Action Catholique spécialisée, avec la JOC, a œuvré pour se définir par rapport à un apostolat fondé sur le témoignage du laïc dans le monde… dans son milieu.

Notre mouvement du MIAMSI est un héritier de cette démarche, de cette réalité.

 

Vatican II :

Le point de départ devient le sacrement du baptême et non plus celui de l’ordre. D’ailleurs rappelons-nous que la rencontre d’Aparecida a bien défini les chrétiens comme étant tous missionnaires.

Nous sommes tous responsables de l’Eglise (cf. évangélisation).

Le message de jésus a été porté par les apôtres dont les évêques sont les successeurs. La mission se fait donc avec la hiérarchie ; il n’y a pas d’Eglise sans hiérarchie.

Parler d’évangélisation est plus pertinent que parler d’apostolat car nous sommes tous responsables de cette mission.

Réflexion conciliaire : parler de laïcs serait trop négatif / prêtres. Mieux vaut parler de Peuple de Dieu = Peuple élu par Dieu.

Nous sommes souvent encore dans un concept Laïcs / prêtres en dehors du concept de Peuple de Dieu…

 

Il est important que les laïcs se situent à intra et ad extra, qu’ils vivent les deux dimensions. A l’extérieur dans et avec le monde, à l’intérieur de l’Eglise pour la formation et la consolidation de la communauté.

Ces deux dimensions sont réelles et gagnent à être vécues, y compris dans les tensions internes de l’intérieur et à l’extérieur !!!

Le Concile rappelle que la tâche spécifique et primordiale du fidèle laïc est de gérer et ordonner la dimension temporelle du monde selon Dieu… un nouvel ordre.

Car un nouvel ordre, un nouveau monde est possible sous le regard de Dieu.

Il s’agit donc de questionner les réalités temporelles selon Dieu.

Il est indispensable de relier le Concile Vatican II à l’encyclique « Christi Fideles laïci » car elle présente une ecclésiologie de la communion… il nous faut avoir l’obsession de la communion.

La communion n’est pas uniformité, l’uniformité tue la communion… pensons à la trinité qui est le modèle de la communion.

Lorsque nous sommes tous d’accord, c’est la négation de la vérité.

Les nouveaux mouvements sont à la source de la nouvelle évangélisation vue par Jean Paul II.

Ils sont centrés sur une personne charismatique, très claire… souvent fondamentaliste, que l’on repère partout  quelles que soient les cultures… avec une référence permanente au Saint Siège… trop prosélytes…

Nos mouvements et leur spiritualité du témoignage ne doivent pas avoir la préoccupation du nombre mais de la qualité du témoignage.

Les changements :

  • Vivre l’engagement comme construction de la citoyenneté avec les autres.
  • Centrer la formation sur la doctrine et la morale ne doit pas être l’unique préoccupation. Il est indispensable de prendre en compte de ma nière urgente et sérieuse la culture, le social, l’économie et l’écologie… en lien avec l’Evangile.

Quant au bénévolat, c’est une figure nouvelle, même si elle est ambigüe.

Rappelons-nous les paroles de Don Helder Camara : quand je donne du pain aux pauvres je suis déclaré saint, mais si je demande pourquoi ils n’ont pas de pain on me traite de communiste !

 

  • La coordination pastorale commence par l’écoute de ce que l’on doit faire et après on discute ensemble sur comment le faire… qu’est-ce que le MIAMSI peut apporter à cela ?

On doit dire, dialoguer… c’est la marque du Concile Vatican II

Monseigneur Roméro disait que celui qui l’enchantait, c’est son peuple. Il le considérait comme son prophète… il voulait cheminer avec son peuple, avec les personnes qui le constituent.

 

Quelques pistes :

  • Face à la médiocrité de la vie, trouver des chemins pour fonder la transcendance ; cela a à voir avec le regard de Dieu.
  • Ne pas perdre de vue la défense de la vie humaine sous tous ses aspects (y compris le politique, même si cela est délicat).
  • Reconquérir l’évangélisation par et pour les laïcs sous toutes ses formes également.
  • Chercher les chemins pour le retour de la spiritualité chrétienne, rendre possible la rencontre de Jésus Christ en réponse à la recherche de sens par la solidarité quotidienne du genre humain.

Spirituel = se laisser prendre par le ciel, par l’esprit.

  • Reconstruire des expériences communautaires : rendre possible le partage de la vie avec d’autres car quand je découvre l’autre, je découvre Dieu.

Partager la vie avec les autres est original. Il est bon de proposer une expérience de vie avec d’autres : l’équipe ACI – MIAMSI est un laboratoire d’humanité.

L’équipe est déjà une bonne nouvelle

  • Approfondir les raisons dernières avec la fraternité, la solidarité, l’écologie. Collaborons avec d’autres au-delà du gagnant gagnant. Comme Jésus, vivons et proposins le perdant – gaganant..

Quand nous renonçons pour le bien de l’autre, nous entrons dans la vie de l’Evangile ! Cheminons ensemble …

Le mot clé : SERVIR

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