Homélie de la messe d’Envoi

Solennité de la Toussaint –Clôture de l’Assemblée du MIAMSI

 

Chers frères et sœurs en Christ,

L’Eglise célèbre aujourd’hui la Solennité de tous les Saints dont les noms sont inscrits dans les cieux. C’est la fête de tous les Saints connus et inconnus. En communion avec eux, nous nous adressons au Seigneur en reconnaissant que nous sommes ses enfants.

Nous célébrons aussi par la présente Eucharistie, la clôture de la XIVème Assemblée Générale et du Forum International du MIAMSI, c’est-à-dire le « Mouvement International d’Apostolat des Milieux Sociaux Indépendants. » Cette Assemblée s’est tenue au Centre National Cardinal Paul Zoungrana du 28 octobre au 1er novembre 2016. Au nom de notre Eglise Famille de Dieu, nous réitérons notre sincère gratitude à Mme Maryse Robert, Présidente Internationale et à ses collaborateurs pour avoir choisi le Burkina Faso pour abriter cette importante rencontre internationale.

Le MIAMSI fut fondé par Marie-Louise Monnet en France en vue d’évangéliser les milieux sociaux indépendants, c’est-à-dire, ceux n’appartenant pas au milieu ouvrier ou agricole. Il s’agit donc de l’Evangélisation ou de l’Apostolat des cadres. Pendant quatre jours, plus de 200 délégués de 21 pays se sont retrouvés autour du thème : « Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu (Mt 5, 9) ; Famille, religions, cultures et Peuples en dialogue. » Un message d’envoi en mission vous sera livré à la fin de la messe.

Frères et sœurs, comme vous le voyez, le thème de l’Assemblée Générale et du Forum International du MIAMSI est centré sur la septième Béatitude de l’Evangile de la Solennité de la Toussaint : « heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu »

Les saints dont nous faisons mémoire en ce 1er novembre sont la multitude des ceux qui, à l’instar du publicain de l’Evangile, ont reconnu leurs péchés et se sont abandonnés à la miséricorde de Dieu (cf. Lc 18, 10-14). Ce ne sont pas des héros, des sortes de surhommes de la vie spirituelle, que l’on pourrait admirer mais pas imiter. Les saints que nous fêtons aujourd’hui sont des hommes et des femmes ordinaires comme nous, une multitude faite de disciples du Christ de  tous les temps qui ont cherché à écouter et à vivre l’Evangile. Cette multitude est faite aussi de non-chrétiens, des hommes et des femmes de bonne volonté qui se sont efforcés de vivre selon leur conscience et de vivre pour les autres et non pour eux-mêmes.

Dans la première lecture (Ap 7, 2…14), Saint Jean nous décrit avec symbolisme, la multitude de tous les rachetés. C’est l’ensemble de l’humanité de tous les temps que Dieu veut sauver. «  J’ai vu une foule immense que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations , races, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le trône et devant l’Agneau, en vêtements blancs, avec des palmes à la main. » (Ap 7,9). Personne n’est exclu, quels que soient le peuple ou la culture auxquels il appartient. C’est dire que chacun peut participer à la vie des saints, chacun peut devenir un saint. On ne nait pas saint, on le devient Ce ne sont pas des hommes extraordinaires ou des héros qui sont appelés à faire partie du Peuple immense des rachetés. Il s’agit d’un Peuple très bariolée, fait de faibles, de malades, de petits, d’indigents….ce sont ceux qui, devant Dieu, se tiennent non pas debout, mais à genoux, non pas la tête haute, mais la tête baissée ; non pas dans des attitudes de suffisance ou de revendications, mais les mains tendues pour attendre tout de Dieu, de sa divine miséricorde.

Oui ! C’est dire qu’on est donc saint, non pas après notre mort, mais dès ici bas, ici et maintenant (hic et nunc). Cela a bien commencé à notre baptême qui nous a rendus participants de la vie divine, membres de l’Eglise Famille de Dieu, du Peuple saint de Dieu.

Dans la deuxième lecture, Saint Jean nous exprime clairement cette réalité : «  « Voyez comme il est grand l’amour dont le Père nous a comblés. Il a voulu que nous soyons appelés fils de Dieu et nous le sommes. Bien aimés dès maintenant nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous sommes ne parait pas encore clairement.» (1Jn 3,1-2).

Frères et sœurs, la sainteté est l’engagement concret, décisif dans la vie de tout croyant, l’horizon dans lequel s’inscrivent nos pensées, nos actions, nos choix, nos projets tant personnels que collectifs…En termes évangéliques, la sainteté est décrite par les Béatitudes (Mt 5, 1-12), que d’aucuns ont défini avec perspicacité comme la « charte constitutionnelle » de l’homme du XXIème siècle, « la charte de la sainteté » pour tout croyant. En effet, les Béatitudes bien vécues peuvent aider l’homme à sortir de la triste condition où elle se trouve. La conception évangélique du bonheur est le renversement des  soit disant « valeurs » de la culture moderne dominante. Il est vrai que nous pouvons nous demander si l’on peut être heureux tout en étant pauvre, affligé, affamé, doux, miséricordieux…A regarder de plus près, les causes d’amertume de la vie se trouvent bien souvent dans l’insatiabilité, l’arrogance, l’indifférence à l’égard des autres, l’égoïsme…La voie du vrai bonheur, la voie royale de la sainteté réside bien dans l’esprit des Béatitudes vécues par Jésus lui-même et proposées à tous ses disciples. Les chrétiens sont invités à vivre déjà ici bas les valeurs du Royaume de Dieu : la justice, la compassion, le partage fraternel, la pureté du cœur…l’amour.

En cette année jubilaire de la Divine Miséricorde, demandons au Seigneur d’ouvrir nos cœurs et nos esprits pour accueillir, incarner et vivre les valeurs du Royaume de Dieu synthétisées dans les Béatitudes.

A tous et à toutes, joyeuse et sainte fête de la Toussaint.

 

+Philippe Cardinal OUEDRAOGO

Archevêque Métropolitain de Ouagadougou

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