Dominique Lemau de Talance

 

Mes responsabilités au service du MIAMSI

 

J’ai vécu 8 années au sein du bureau international (BI) du MIAMSI, de 1996 à 2004.

En 1996, à Guadalajara, j’ai été élu au sein d’un bureau largement renouvelé. Brigitte Devaux, présidente, a rapidement su créer une cohésion entre nous qui étions si différents : une Brésilienne, un Mexicain,  un Indien, une Mauricienne, une Italienne et trois Français dont Daniel Nourissat, aumônier international. Il a parfois été difficile d’accorder les richesses issues de nos cultures différentes, de nos expériences humaines et ecclésiales très diverses, de nous comprendre (la question des langues nécessite de tous un effort permanent !), mais l’ampleur et l’urgence de la tâche à accomplir ont créé des liens forts et une pleine confiance entre nous.

Nous avions tous des dossiers à faire avancer et nos réunions de BI, 5 jours 2 fois par an, avaient des agendas très chargés.

Brigitte m’a demandé de participer aux rencontres des responsables des Mouvements Internationaux d’Action Catholique Spécialisée (ACS). Nous nous rencontrions 2 jours 4 fois par an pour faire un tour d’horizon de la vie de nos mouvements. Cela permettait de noter des préoccupations assez proches entre mouvements rassemblant des travailleurs, des ruraux, des intellectuels, des étudiants, des enfants. Cela nous permettait aussi de réfléchir à des problématiques communes telles que:

– la conscientisation au respect des droits de l’homme et au développement

– la place de la femme dans la société

– notre présence auprès des Organismes internationaux (la Commission des droits de l’homme (ECOSOC) à l’ONU, l’UNESCO, le BIT, la FAO, etc.), auprès du Saint-Siège et des épiscopats nationaux mais aussi auprès d’ONG diverses

– le passage des jeunes adultes des mouvements de jeunes aux mouvements d’adultes et notre soutien mutuel entre mouvements

– nos problèmes de financement et d’autofinancement

– les relations avec les agences de développement dont le CCFD est le chef de file.

Cette collaboration m’a amené à préparer et à animer 3 journées de réflexion sur l’avenir des mouvements d’ACS, en 2002. Nous avons, ensemble, décidé d’orientations à mettre en œuvre au cours des années suivantes pour réaffirmer nos intuitions, faire face aux défis posés par la société actuelle, adapter nos moyens et simplifier notre langage. Cet investissement, je l’ai vécu comme ma contribution personnelle, ma pierre singulière à l’adaptation renouvelée de l’Action Catholique pour les années à venir.

J’ai rencontré régulièrement des responsables du CCFD et d’autres agences de développement qui subventionnaient les Mouvements Internationaux et qui finançaient des projets que nous leur soumettions. La participation originale du MIAMSI et des autres Mouvements Internationaux au travail de développement et leur collaboration étroite avec les agences a souvent été discutée et ajustée pour renforcer l’impact des actions menées par les uns et les autres.

L’essentiel du travail de notre BI entre 1996 et 2000 a été de décider, de préparer et d’animer le 1er congrès du MIAMSI qui s’est tenu à Fiuggi, près de Rome, en octobre 2000. Faire en sorte que 1200 personnes rassemblées pendant 3 jours, venant de 40 pays, puissent réellement se sentir partie prenante, découvrir et dialoguer avec des gens de continents et de culture différents mais tous convaincus de la justesse des propositions du MIAMSI et participer effectivement à l’élaboration et au vote des résolutions a été un défi qui a été tenu et réussi. Je me suis particulièrement investi dans la recherche du financement nécessaire et dans la gestion des dépenses. Je n’ai jamais douté de la réussite du congrès malgré les sueurs froides que j’ai, par moment, ressenties devant les difficultés rencontrées. La certitude qu’il n’y aurait pas de trou financier n’a été levée que 2 mois après le congrès !!

Au sein du BI 2000-2004, sous la présidence de Geneviève Tyack, de l’île Maurice, puis celle de Daniel Guéry, nos priorités ont été de faire connaître et de mettre en œuvre les résolutions du congrès de Fiuggi. Outre la publication des documents nécessaires, les membres du BI ont multiplié les voyages de soutien aux mouvements nationaux.

J’ai axé mon action sur le soutien aux responsables de la JIC internationale et, avec eux, à la priorité que nos 2 mouvements ont donnée à l’Afrique. Nous avons ainsi préparé ensemble le Forum citoyen de Bamako qui a rassemblé en juin 2004 une cinquantaine de jeunes adultes de 10 pays d’Afrique sur le thème : « Doctrine Sociale de l’Eglise, Démocratie, ferment de Paix et de Justice. »

Les 2 représentants maliens qui ont participé à l’AG du MIAMSI d’août 2004 ont fortement marqué les participants par l’enthousiasme avec lequel ils ont montré la réussite de ce Forum et son impact. Ce fut, pour moi, une vraie joie intérieure. Ils ont réaffirmé leur conviction que les jeunes cadres africains attendent des lieux où ils puissent réfléchir sur leurs responsabilités d’hommes et de femmes, de citoyens et de chrétiens. 2 autres rencontres similaires ont été organisées sur d’autres thèmes en 2007 et en 2011.

Cette attente est vraie en Afrique. Elle est aussi vraie partout ailleurs.

Fin 2003, j’ai été élu au nom du MIAMSI au conseil d’administration de la Conférence des OIC (40 Organisations Internationales Catholiques). En 2004 et 2005, j’ai eu la responsabilité d’un groupe de travail sur l’économie solidaire et d’un autre sur l’adaptation de nos statuts au Droit Canon.

Fin 2005, j’ai animé l’AG de la Conférence qui a décidé la constitution d’un groupe de travail chargé de réfléchir à l’avenir de cette Conférence. Ce groupe que j’ai dirigé a rencontré plusieurs fois la grande majorité des OIC pour recueillir leurs avis et leur présenter des propositions. L’AG de 2007 n’a pas permis de décider des orientations futures.

De son côté, la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège a décidé de convoquer pour décembre 2007 un Forum des ONG internationales d’inspiration catholique. Elle m’a demandé de faire partie du groupe de préparation, d’animation puis du suivi de ce Forum qui a rassemblé près de 100 ONG. La réussite de ce Forum a influé sur la réflexion concernant l’avenir de la Conférence des OIC. Vice-président et président par intérim, j’ai présidé une AG extraordinaire en juin 2008 qui a décidé la dissolution.

En 2009, j’ai remplacé une ancienne présidente du MIAMSI, Simone Gebs, au sein du réseau Crescendo, « pour un vieillissement humain et chrétien », réseau rassemblant quelques ONG internationales catholiques et des congrégations religieuses. Nous travaillons à sensibiliser nos organisations à la problématique du vieillissement et à essayer de faire du plaidoyer auprès des organisations internationales intergouvernementales.

Depuis fin 1997, j’ai la signature sur le compte bancaire parisien.

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