MIAMSI Assemblée
Générale Malte Octobre 2008
Comment le MIAMSI
est-il devenu une ONG internationale
auprès
des Nations Unies ?
1. A l'Assemblée Générale de 1992 en Belgique, lorsque le Bureau International a décidé de me nommer Président, une des recommandations finales des mouvements nationaux présents fut que le MIAMSI devrait chercher à devenir plus activement présent dans la société en devenant une ONG internationale reconnue. Une recommandation similaire existait de la part du conseil des laïcs près du Saint Siège. D'autres mouvements internationaux, alors membres de la conférence des organisations catholiques internationales, avaient déjà ce statut
2. Pour poursuivre cette recommandation nous avons commencé à chercher quelle était la manière la plus appropriée d'atteindre un tel résultat. Nous avons compris que poser notre candidature à la commission des ONG du conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) était le plus approprié. Il nous a fourni le détail des conditions d'admission. L'une d'elles était d'identifier le secteur d'activité et d'intérêt de l'organisation, concernée par la promotion et la défense des droits de l'homme.
3. Parmi les démarches de la demande, nous devions justifier de notre statut juridique et de notre origine historique pour prouver que nous avions été et continuions d'être engagés dans ce secteur d'activité à un niveau international. Nous avons rassemblé et présenté nos documents qui reconnaissaient notre existence d'ONG par la France et d'organisation catholique internationale par le Vatican.. Il fallait regrouper en un dossier les deux statuts ainsi que d'autres documents.
4. L'un des défis le plus difficile et en même temps le plus intéressant fut de démontrer notre engagement en faveur de la promotion et la défense des droits de l'homme. Puisqu'il fallait fournir des documents dans ce sens, nous avons fait des recherches dans l'histoire de mouvements nationaux, du MIAMSI et de ses organisations régionales. Le résultat de tout cela fut une compilation de documents tels que les procédures et les conclusions de rencontres et de conférences, régionales, nationales et internationales. Nous avons pu témoigner que, malgré des différences nationales et régionales, le mouvement et ses membres avaient été concernés et engagés, et continuaient de l'être, de multiples manières, en de nombreuses activités et initiatives, qui, directement ou indirectement, montraient nos engagements à promouvoir et défendre les droits de l'homme. Nous avons compilé des exemplaires de toute documentation significative que nous étions capables de rassembler pour la joindre à notre demande, envoyée dans les délais au Secrétariat concerné de ECOSOC. Notre demande fut officiellement déposée en 1994, si je me rappelle bien.
5. Le Secrétariat demanda quelques clarifications que nous avons fournies dans les délais et notre demande fut finalement enregistrée pour être incluse dans l'ordre du jour officiel d'une prochaine réunion générale de la commission des ONG des Nations Unies à New York, chargée d'approuver ou rejeter la demande.
6. La dernière étape de l'examen par la commission consistait en une audience à l'une de ses sessions plénières dont la date m'est sortie de l'esprit. Je fus convoqué et voyageais jusqu'à New York pour l'audience. La commission était composée d'une vingtaine de représentants officiels des gouvernements dûment accrédités auprès des Nations Unies.
7. Durant la première partie de l'audience, j'ai donné les explications sur le mouvement dans sa dimension internationale,sur notre organisation, officiellement reconnue et sur notre engagement dans ce secteur d'activité.
Suivirent les questions et les commentaires des délégués officiels qui devinrent la partie la plus difficile. En ce temps-là il y avait une controverse entre la Russie et le Vatican au sujet d'une loi russe qui régissait les rapports avec l'Église et les activités en Russie. Le délégué russe fut le premier à s'opposer à notre demande. Puisque nous avions présenté nos documents de reconnaissance et d'organisation officielles comme une organisation catholique, le délégué de l'Inde exprima son intérêt pour notre « spiritualité », nous confondant avec des mouvements de l'Inde qui faisaient la promotion du spiritisme qui n'était pas autorisé en Inde. D'autres doutèrent de notre indépendance du Saint-siège à cause du fait que notre « aumônier » devait être approuvé par le Vatican. Notre statut de ONG indépendant « non religieuse » (association privée civile sous la législation française) fut mise en doute. Je fis de mon mieux pour clarifier ces questions et d'autres au cours d'une audience qui prit plusieurs heures. J'ai également mentionné que d'autres organisations similaires étaient déjà reconnues.
8.
La session fut reportée à
l'après-midi, après qu'on eût demandé au secrétariat de vérifier quelles autres
organisations similaires étaient reconnues. Je leur donnais la liste et reçus
le soutien du bureau de l'OIC devant
les Nations Unies au cours d'une visite
que je fis à leur bureau tout proche avec des informations complémentaires.
Quelques délégués me recommandèrent de parler aux membres « clef » de
la Commission: celui de La Russie, de
l'Irlande et des États Unis. Je pus parler avec ce dernier, mais le délégué
russe refusa de parler avec moi. Plusieurs délégués d'Amérique Latine m'ont
offert leur soutien. Le Président de la rencontre, du Chili, m'a beaucoup
soutenu. Finalement la réunion fut convoquée à nouveau l'après-midi et après le compte-rendu positif du Secrétariat et quelques explications supplémentaires, la
demande fut approuvée par un vote de consensus, avec la silencieuse opposition
de
9. Quelques jours seulement avant l'Assemblée Générale suivante a Guadalajara en 1996 et après un effort qui prit presque quatre ans, nous fumes finalement informés de notre reconnaissance.... La confirmation officielle vint après l'Assemblée de Guadalajara et la tâche de mettre en application notre présence et notre participation à Genève fut laissée au Bureau International suivant qui prit la direction à Mexico.