Table ronde

XII AG MIAMSI

Malte 2008

 
Notre mission auprès de l'ONU

 

Bonjour,

 

 

 
C'est avec beaucoup de plaisir que je participe à cette table ronde dans le cadre de la 12 ème Assemblée générale du MIAMSI. C'est l'occasion pour moi de vous informer sur le travail de la petite équipe qui, à Genève, suit les travaux de plusieurs entités de l'ONU.

 

J'ai emprunté la diapositive suivante à nos amis d'Amérique du Sud. Ils avaient soulevé  quelques questions très intéressantes lors de l'assemblée générale de Madagascar et ces interrogations sont toujours d'actualité 4 années plus tard:

- que faisons-nous en tant que mouvement international ?

- quels sont nos liens avec les grandes organisations qui effectuent aussi un plaidoyer en faveur des droits de l'homme ?

 

Avant de répondre et surtout de vous informer sur les changements importants qui ont étés effectués à l'ONU lors des 4 années précédentes, je désire rappeler les décisions prises lors de l'assemblée générale de Fiuggi à fin 2000:

 

Le message final comprenait un envoi aux mouvements qui les appelait à:

  

   - plaidoyer pour les droits de l'homme

   - plaidoyer pour la lutte contre la pauvreté

   - Option préférentielle pour les pauvres.

   - Plaidoyer pour un droit à une bonne gouvernance planétaire

 

Car la pauvreté est un scandale, une violation des droits humains, en contradiction avec la charte de l'ONU et la déclaration universelle des droits de l'homme.

 

Bravo et merci aux participants de l'assemblée générale de Fiuggi qui ont eu la clairvoyance de prendre cette décision. Merci aussi à Gilbert Rossary, présent içi à Malte, qui a démarré ce grand chantier : sans son courage de pionner, je ne pourrai pas apporter ce témoignage aujourd'hui!

 

Durant les 14 années écoulées, le MIAMSI a été représenté à Genève auprès de divers organes de l'ONU:

 

            - la Commission et la sous-commission des droits de l'homme

            - le Conseil des Droits de l'Homme qui lui a succédé en 2007

            - le Comité des droits économiques, sociaux et culturels

            - les organes chargés de l'examen périodique universel

 

C'est donc avec une certaine fierté que je peux vous présenter par le détail les différentes activités que notre équipe a entrepris lors de cette dernière période, en addition à celle déjà menée depuis l'accréditation du MIAMSi auprès de l'ONU.

 

A la commission des Droits de l'Homme, nous sommes intervenus, dés 1986, pour réclamer une meilleure gouvernance mondiale, puis nous avons rappelé les décisions prises par l'ensemble des pays membres de l'ONU pour lutter contre la pauvreté et assurer le minimum vital aux habitants des pays où sévissent famine et dénuement. Les objectifs du Millénaire, ou MDG en anglais, contiennent 18 objectifs qui doivent être atteints en 2015. Il reste peu de temps …mettons nous au travail.


Nous avons également, grâce à un groupe de jeunes de Lyon, lancé un appel pour que le comportement des pays les plus développés permettent de respecter notre planète. Nous avons également cosigné, avec de grandes ONG's, une déclaration qui demandait aux multinationales de respecter les lois en vigueur dans les pays où elles sont actives.  Depuis, les multinationales ont réagi en délégant des observateurs aux séances de l'ONU. Un bel exemple du poids de la société civile sur les grandes entreprises soucieuses de leur image de marque!

 

Suite à la catastrophe du Tsunami, nous avons soutenu l'appel lancé par l'ancien secrétaire général de l'ONU et développé son idée en y ajoutant la proposition de créer un impôt universel de solidarité pour accélérer la mise sur pied des secours lors de tels événements.

 

La commission des droits de l'homme et la sous-commission ont été supprimée à fin 2006 et c'est depuis lors devant le Conseil des Droits de l'Homme que nous pouvons intervenir. Pendant la phase de mise sur pied de cet organe, nous avons participé à plusieurs séances afin d'influencer les règles qui permettent aux ONG's d'intervenir. Notre présence à plusieurs séances avec le groupe de travail de l'ONU et les ONG's ont contribué à ce que les ONG's puissent faire aussi entendre leur voix au Conseil des Droits de l'Homme.

Enfin dés la fin 2007, nous avons suivi la mise en œuvre des premières sessions de l'examen périodique universel (EPU/ UPR).

 

Cette mise en examen de chaque pays membre devant ses pairs ouvrent une nouvelle et intéressante possibilité d'intervention pour notre mouvement : en effet, chaque examen est annoncé plusieurs semaines à l'avance. Notre équipe peut transmettre au pays concerné du MIAMSI la date à laquelle une éventuelle contribution écrite peut être envoyée au secrétariat chargé de la collecte d'informations. Le rapport final rédigé par l'ONU, qui est soumis à la délégation du pays concerné, contiendra un résumé mais également en annexe, le lien électronique vers les textes des interventions des ONG's ainsi que vers celui des autres délégations des états membres qui ont participé.

Bien entendu, la réponse de l'état soumis à l'EPU sera jointe au rapport final qui sera transmis aux pays membre du MIAMSI concerné par nos soins.

Nos mouvements pourront ainsi interpeller leur gouvernement dans leur propre pays mais aussi utiliser le canal de l'EPU pour soulever une question importante.

 

Exemple concret: en 2008, le MIAMSI, par l'intermédiaire de notre équipe, a fait parvenir, une intervention, sur proposition du mouvement français, proposition concernant la situation du monde carcéral en France ainsi que des remarques concernant un projet de loi lié à la détention des récidivistes.

 

Depuis le début de 2008, les rapports finaux des examens périodiques concernant la France, le Maroc, l'Argentine et l'Inde  ont été transmis aux pays du MIAMSI concernés pour informations, analyse ou réaction.

 

Alors que l'EPU prend en compte les progrès accomplis dans le domaine des droits de l'homme , le comité des droits économiques, sociaux et culturels exigent de chaque pays qu'il fasse connaître les progrès accomplis dans les domaines économiques sociaux et culturels: Depuis plusieurs années nous avons communiqués les questions posées et les réponses des gouvernements à ce comité à plusieurs pays, dont  l'Italie, l'Inde, le Benin, le Portugal, la France, le Mexique, le Costa Rica et la Belgique.

 

Chacun des mouvements du MIAMSI qui le désire peut donc prendre connaissance des questions et également des réponses que leur gouvernement respectif a fait parvenir au comité. Un bon moyen d'interventions pour nos mouvements auprès des membres du gouvernement de leur pays en cas de divergence entre ce qui est dit à l'intérieur des frontières et la prise de position officielle à l'ONU!

 

Le travail effectué à Genève ne peut et ne doit pas être effectué de manière isolée: Afin d'améliorer le poids de nos interventions, l'équipe qui vous représente à Genève travaille en collaboration avec d'autres ONG's et surtout avec les organisations internationales catholiques (OIC's) présentes à Genève. C'est ainsi que des liens privilégiés se sont noués avec la FIMARC, Pax Romana, Caritas International, MCII, Franciscains International, BICE qui effectuent tous également un travail de plaidoyer auprès des organisations internationales à Genève.

 

Notre équipe participe depuis le début à des séances de formation ainsi qu'au travail de réflexion des OIC's de la place de Genève, depuis 2007 sous l'égide du Nonce apostolique auprès des organisations internationales. Ceci nous a permis de nouer des liens privilégiés avec les représentants du Vatican auprès du Conseil des Droits de l'Homme et de les informer de notre travail. Grâce au support du CCIG (Centre catholique international de Genève), ces réunions ont permis de créer un véritable réseau sur la place de Genève.

 

D'autres liens se sont également tissés avec d'autres ONG's qui travaillent également à la défense des droits de l'homme à Genève (Amnesty International, par exemple). Ceci nous permet de participer à des rencontres organisées, à la demande des grandes ONG's, entre les ambassadeurs présents auprès du Conseil des droits de l'homme et les ONG's, rencontres au cours desquels les droits des ONG's et les problèmes survenant lors des sessions du Conseil des Droits de l'Homme sont discutés.

 

Toutes ces activités ne peuvent être en lien avec les principes du MIAMSI  si notre équipe à Genève n'est pas en contact  étroit avec les mouvements du MIAMSI dans le monde. Un réseau utilisant le courrier électronique s'est créé avec le temps et je désire remercier ceux parmi vous qui ont relayé mes messages aux mouvements des pays concernés.

 

Merci aussi aux mouvements qui ont répondu à nos sollicitations ou bien qui nous ont fait part de leurs remarques ou suggestions. L'équipe de Genève est un relais pour vous et ne peut effectuer son travail de plaidoyer si vous ne vous manifestez pas. Après 8 années de mandat, je me pose toutefois une question: le travail de plaidoyer auprès des institutions internationales à Genève occupe-t-il une bonne place dans les préoccupations des mouvements ?

 

Rappelons-nous que, comme dans la parabole, nous sommes des semeurs et le grain semé ne rapportera des résultats que bien plus tard…

 

Dans ce domaine, l'on ne parle pas d'efficacité et de rendement, mais de témoignage et de prise de parole en faveurs des sans-voix! Oui! Nous pouvons faire mieux, je vous invite également  à faire plus!

 

Que les mouvements du MIAMSI travaillent avec les Nations Unies et les organisations internationales pour influencer les prises de décisions au nom des plus pauvres!

 

Car nous sommes appelés à engager les décideurs et les leaders du monde présents aux Nations Unies à travailler pour la paix, la justice  la sauvegarde de la création et la promotion des droits humains.

 

Une nouvelle équipe est prête à poursuivre le travail de plaidoyer auprès de l'ONU!

Je lui souhaite beaucoup de succès et désire en conclusion, remercier tous ceux qui m'ont soutenu, les membres du Bureau international, Ella, pour son aide et pour la mise à jour du site Internet du MIAMSI,  ainsi que mes collègues de l'équipe de Genève !

 

DD/ version 01/ français / septembre 2008